1772 02 13 HANDWERK CONDILLAC

Resumen

13 de febrero de 1772.

De Hans Georg Handwerk [Parma] a Étienne Bonot de Condillac [Paris].

El Ecónomo de la Stamperia Reale se muestra satisfecho por la respuesta de Condillac aceptando la propuesta comercial hecha en su primera carta para la distribución de su obra, y le hace abundantes consideraciones sobre los problemas legales para la entrada en Francia del Cours, que perjudicarán sus cálculos comerciales y que hacen suponer la publicación de contrafacciones en el propio país del autor, contra las cuales le da sugerencias. Añade otras particularidades sobre la distribución, precios y dificultades económicas inherentes a los gastos de envío.

Transcripción

Lettre écrite à Monsieur l’Abbé de Condillac par Handwerck en réponse à la précédente. Parme, le 13 février 1772.

Je suis extrêmement sensible à la confiance que vous avez la bonté de mettre en moi. Je ferai tous mes efforts pour m’en rendre digne et pour mériter la bonne opinion que Monsieur le Marquis de Felino peut vous avoir donné de moi.

Je suis charmé d’apprendre que vous acceptiez l’offre que j’ai eu l’honneur de vous faire. Elle est telle que je la crois juste de pouvoir remplir les devoirs d’un honnête homme, la base de toutes mes actions. Je souhaiterois seulement que nous eussions moins d’inconvéniens à rencontrer qu’il me semble en prévoir dans la vente de votre ouvrage, suivant ce que vous me faites la grâce de me marquer. Quand on m’informa que vous demandiez qu’on envoyeat le nombre de vos exemplaires à Genève, je pensois que vous en aviez traité avec quelque libraire de Paris où de Genève. C’est cette idée qui m’inspira celle de vous écrire pour tâcher à m’arranger également avec celuia qui seroit chargé du débit de vos exemplaires. Mais puisqu’il en est autrement, vous avez très bien fait d’avoir renoncé à votre premier projet dont l’exécution ne vous auroit tiré qu’en pure perte.

Il est très facheux que l’entrée de la France nous soit fermée pour le débit de votre ouvrage à cause des droits mis sur les livres qui sont imprimés dans l’étranger. C’est un de ces événemens auxquels on ne peut pas parer, mais qui ne laissera pas de nous porter préjudice et de rallentir la consommation de votre ouvrage, attendu que la France seule nous auroit autant valu que l’étranger en général. Si vous ne prévoyez effectivement pas que nous puissions faire entrer en France des balles de votre livre, il seroit du moins de la dernière conséquence de veiller que les libraires des provinces de France, comme ceux de Lyon, Rouen, Toulouse, Avignon, etc., où les contrefactions se font facilement, ne fissent les pirates à votre barbe, sans pouvoir porter remède de leur insulte, n’ayant point de privilège qui leur imposat une forte défense. Je vois bien que, votre ouvrage étant imprimé dans l’étranger, il sera difficile d’y pouvoir remédier, à moins qu’on ne veuille condescendre et faire de la règle une exception.

Je suis très persuadé que votre ouvrage n’aura pas sitôt paru que les libraires de France tâcheront à en faire usage de inonder toute la terre des éditions qu’ils donneront pour rien. Il n’y a que ces messieurs que je crains, et plus que ceux des nations étrangères, qui se trouvent privés aujourd’hui de tous les secours qu’ils avoient ci-devant de faire entrer en France tout ce qu’ils contrefaisoient.

Je vous assure que, tout cela bien considéré, traverse furieusement mes desseins, parce que un ouvrage que le vôtre, qui fait un objet considérable, mérite qu’on le donne tous les soins pour le faire écouler avec avantage, sans qu’on se voie frustré à la fin de ses peines et travaux. Pour cet effet il est absolument nécessaire d’y intéresser une bonne maison de libraire de Paris sur la fidélité duquel vous puissiez compter, qui ait des bons correspondans en Espagne, en Angleterre, en Hollande, etc., et qui par l’amitié pour vous veuille bien se charger conjointement avec moi du débit de cet ouvrage.

C’est une maxime généralement reçue dans le commerce de la librairie d’envoyer des exemplaires d’un ouvrage dans l’étranger un mois où deux avant de le faire connoître chez soi, et de le mettre en vente, et je vous proteste que pareille règle sera observée exactement. Mais il ne tourneroit pas à compte de vouloir farcir l’univers entier des exemplaires d’un ouvrage nouveau sans qu’on en ait demandé. Messieurs les libraires de Paris sont assez de cet avis-là; mais je soutiens que, dans le cas où nous nous trouvons, il est agi plus prudemment d’envoyer auparavant une lettre circulaire raisonnée en forme d’un prospectus, par laquelle, en exposant les objets du livre, son utilité et sa beauté tant pour l’impression que pour le papier, ainsi que du prix, qui doit être modique en égard aux circonstances et aux concurrences des contrefactions que nous pourrions avoir, on invite tous ceux qui voudront nous donner leurs ordres pour le nombre d’exemplaires qu’ils souhaiteront. De cette manière nous n’en envoyons que pour le compte et risque du commettant, soit à terme de crédit, qui est ordinairement d’un anée, ou comptant après la réception de la marchandise avec 6% de rabais en bonnes lettres de change.

Tout livre nouveau n’est pas dans le cas d’être réalisé tout de suite, ce n’est qu’en fait des échanges contre d’autres livres que les libraires les font souvent circuler. Mais comme dans la situation où nous nous trouvons de ne vendre votre livre qu’à l’argent, nous serons obligés pour donner plus décours d’en limiter un prix modique. Je pense qu’en mettant un volume dans l’autre à 3 livres 10 soldes de France en feuilles ce sera un prix honnête pour le libraire.

Pour ne point perdre du tems il seroit bien fait si conjointement avec votre libraire vous vouliez faire dresser une lettre circulaire comme vous jugerez à propos et comme cela se pratique dans le commerce, dont vous m’enverriez une copie seulement que je ferois imprimer également. Il faudroit aussi que pour ne pas nous croiserb dans nos opérations que votre libraire voulut m’envoyer une note des maisons auxquelles il enverroit des lettres circulaires à fin d’éviter les duplicata et les ports de lettres. Il seroit encore à propos de faire observer dans cette lettre que tous ceux qui voudroient donner leur commissions s’adressassent en droiture à moi à Parme, parce que le détour des lettres ne feroit que causer bien des ports inutiles, et pendant que celui de Madrid en écriroit à Paris et celui de Paris à moi, je pourrois déjà avoir exécuté la commission de celui de Madrid de 20 à 30 jours plutôt.

Quant aux expéditions, il est vrai que la voie de la mer est longue, mais aussi n’est elle pas si dispendieuse de beaucoup près que celle par terre. Voilà justement une raison pourquoi il ne faudroit point perdre du tems, chose essentielle et prétieuse pour expédier promptement la marchandise.

Voilà, Monsieur, qu’elles peuvent être les mesures à prendre pour le débit de votre ouvrage. Vous aurez la bonté d’en raisonner de votre côté avec votre libraire; quant à moi je ferai tout mon possible pour vous contenter et pour vous donner des preuves de mon zèle à vous obliger.

Je me flatte au surplus que Son Excellence Monsieur le Ministre de Llano agréera les arrangemens que nous pourrons prendre. Pour cet effet je l’en préviendrai, dès que
je saurai à quoi m’en tenier à fin de ne rien faire sans ses ordres.

Il me reste encore de savoir comment nous ferons pours les emballages des cordes et des toiles. Je ne suis pas riche d’y avancer l’argent nécessaire qu’il faudra pour cela; et ne sachant pas non plus si Son Excellence Monsieur le Ministre voudra souscrire à cette dépense qui à la fin doit se retrouver, puisque chaque commettant sera obligé de bonifier l’emballage comme juste, qui devenant un objet me laisse indécis quel parti prendre.

J’ai l’honneur d’être etc. etc.

[Ad marg.:] En réponse à la lettre ci-dessus Monsieur de Condillac marqua tout uniment à Monsieur Le Suire qu'il ne pouvoit pas me répondre, que préalablement il n'eut reçu une réponse de Son Excellence Monsieur le Ministre de Llano sur plusieurs lettres à lui écrites et relatives à son ouvrage.


a Antes de celui cancela vous     b Antes de croiser cancela crooi

Notas al texto

Datos documentales y bibliográficos

  • Ubicación

    Parma, Biblioteca Palatina, Mss. Parmense 1291, s. f.

  • Descripción

    Pliego de 10  h., que constituye un dossier relativo a la edición del Cours de Condillac.

  • Edición

    Pedro M. Cátedra

  • Bibliografía específica

    Cátedra 2013d, 213-222.

    Otra bibliografía citada Condillac 1782;
  • Cita
    Carta de Hans Georg Handwerk a Étienne Bonnot de Condillac de 1772-02-13, ed. Pedro M. Cátedra, en Biblioteca Bodoni [<http://bibliotecabodoni.net/carta/1772-02-13-handwerk-condillac> Consulta: 27/05/2017].
    Citar este documento

Nota bene

Esta carta es respuesta a la de Condillac de 26 de enero de 1772.

Digitalizaciones de los originales